Éloge aux femmes de ménage et aux Fées du logis

À la boutique, nous avons instauré un nouveau service: entretien ménager à domicile. Les clientes nous répètent qu’elles n’aiment pas faire le ménage, alors faisons le pour elles. Mais quel constat nous avons pu faire…

Tout d’abord, trop de personnes font le stricte minimum de tâches ménagères à la maison. Quand elles engagent une femme de ménage, c’est parce que tout est délégué, TOUT! La liste de tâches est fastidieuse et impossible à réaliser dans le temps payé pour le faire. La notion du temps pour faire le ménage a été perdu par beaucoup de monde.

Une partie de notre clientèle choisisse notre service de Duo de Fées du logis parce que leur ménagère tourne les coins ronds, n’exécute pas toute la liste de choses à faire. Par chance que j’ai pratiqué les relations publiques pendant plusieurs années parce que j’ai les outils pour expliquer à la clientèle que les attentes sont trop élevées par rapport au budget payé. Une maison de huit pièces, incluant deux salle de bain complète et les lits à faire ne se nettoie pas nickel en quatre heures aux deux semaines. Même avec les meilleures personnes, même avec les meilleures intentions, si la personne propriétaire de la maison n’est pas capable de nettoyer sa propre maison dans le même temps, le verdict est simple: c’est impossible à faire.

Alors, ce soir, je voudrais faire un éloge aux femmes de ménage et aux Fées du logis qui, parfois, ont une mauvaise réputation et qui ont le dos large. Mesdames, vous travaillez très fort. N’hésitez pas à dire à votre clientèle que les attentes sont trop élevées, que vous n’êtes pas ni une machine, ni une esclave. Quand nous voulons une maison propre et étincelante, il est nécessaire de mettre le temps nécessaire et bien entendu, le prix.

Aux personnes qui engagent une femme de ménage ou une Fée du logis, soyez réalistes dans vos demandes et questionnez-vous à savoir: est-ce que je suis capable de faire la liste de tâches que je demande dans le temps que je suis prêtes à payer?

Un peu de reconnaissance SVP?

Parfois, je me demande comment je peux faire aimer l’art ménager à plus de gens quand au sein même de la famille et ou du couple, la reconnaissance n’y est pas?

Tous les trucs et astuces que je vous partage à travers Secrets de ménagère viennent d’une démarche personnelle que j’ai entrepris il y a sept ans, déjà. Ma maison n’était pas un lieu très propre à tous les égards. Une chance que j’avais une gentille Fée du logis qui venait mettre ordre et propreté chez moi.

Je suis traîneuse de nature, mais pas dans l’excès quand même. Mon paradoxe à moi, c’est que j’adore la propreté. Les deux se marient mal, j’avoue! Je me sens mieux, zen, libre et fière quand c’est propre, j’adore le résultat pour les yeux que je pose sur MA maison et sur les sentiments de plénitude que je ressens en moi. Je l’ai déjà écrit dans un billet précédent, c’est quand mon fils est né que j’ai souffert le plus de ma nature de traîneuse. L’absence de routine à la maison est la grande responsable. Un bébé qui pleure parce qu’il est 18h et qu’on n’a rien de prévu pour le souper, ce n’est pas génial et encore moins génial quand l’on souhaite retrouver sa ligne après une grossesse et améliorer son estime de soi. Je ne me sentais pas une bonne maman prévoyante, je ne me sentais pas bien dans mon corps et dans ma tête.

C’est ainsi que j’ai finalement décidé de me prendre en main, de me discipliner et de me créer des routines, une à une. C’était pour moi un gros défi, car les routines me donnaient l’impression de devenir aliénée, mais je sentais que je devais devenir un bon exemple pour mon fils. En plus, les routines sont sécurisantes pour les enfants, mais je réalise avec le temps qu’elles le sont aussi pour les grands. Je ne voulais pas que ma maison ressemble à celle des Parents à Radio-Canada où le chaos et le désordre règnent en maître chez eux. En trois ans, j’estime m’être beaucoup améliorée et d’être devenue une traîneuse occasionnelle. Je range mes vêtements le soir à la bonne place, une prouesse que je n’avais pas réussit à corriger en 35 ans!

Sauf que mon chum trouve que ce n’est pas encore suffisant. Il ne remarque pas mes efforts, ne me félicite pas pour m’être améliorée, ne fait pas de remarque comme quoi la maison est rangée presque en tout temps: il remarque seulement l’item qui n’est pas à sa place, la chose qui est restée sur la table il y a deux jours de cela, trouve qu’il y a place à amélioration, que je suis toujours une traîneuse. Il ne voit pas non plus que le plancher est lavé toutes les semaines, que la lessive n’est plus négligée, que les comptoirs de cuisine sont libres de tous objets et que la vaisselle lavée qui sèche dans l’évier est rangée avant la fin de la soirée. Non, il remarque seulement ce que l’on a pas eu le temps de faire, ce qui aurait dû être fait, bref, ce qui est mis en valeur, c’est seulement mon défaut de traîneuse qui me colle à la peau plutôt que ma volonté à vouloir être une personne toujours rangée et bien organisée. C’est démotivant.

J’ai une amie qui est venue lundi à la boutique et qui me confiait comment elle s’isolait socialement parce que désordre et malpropreté régnait dans sa maison. Elle n’est pas très fière de sa maison. Je vois bien et ressens bien son découragement, son impuissance, mais aussi son besoin de faire un revirement et de changer les choses. J’ai réalisé que depuis que je la connais, je n’ai jamais été invitée chez elle! C’est probablement la raison pour laquelle elle ne l’a jamais fait. Elle me confiait également que ses trois enfants (ados et pré-ado) ainsi que son conjoint ne voient pas de problème au désordre, ne comprennent pas pourquoi maman fait une histoire avec l’état de la maison. Sauf que mon amie lit mes infolettres, peut être même ce blogue, et elle désire vraiment faire un changement dans sa vie, dans sa maison, mais comment le faire sans le support de sa famille, sans l’entraide dans sa famille, sans l’encouragement nécessaire à tous pour persévérer dans la transition de ce changement? Pourtant, à cinq personnes, imaginez 30 minutes après le souper consacrées aux tâches ménagères à cinq personnes 4 à 5 jours semaine, ça fait 2h30 de main d’oeuvre pour garder la maison d’une propreté exemplaire! Ceci incluant la vaisselle du soir, la préparation des lunchs pour tout le monde et les autres tâches… Cela crée aussi l’esprit d’entraide, l’esprit d’équipe, l’esprit de famille!

Comme un athlète, une personne qui décide de prendre en main sa maison, son ménage, ses routines, a besoin qu’on mette en valeur ses améliorations, ses résultats positifs plutôt que seulement l’objectif ultime de la perfection. Comme un enfant, nous avons besoin de recevoir du renforcement positif par rapport aux efforts que l’on met pour être fière de l’ordre et la propreté de sa maison.

Je vous invite à venir écrire sur notre page Facebook vos actions réalisées, vos améliorations, votre fierté d’avoir apporté ordre et propreté chez-vous, un jour à la fois, une pièce à la fois, une tâche à la fois. Moi, je serai là pour vous dire comment vous êtes bonne, pour vous féliciter et fort probablement que vous aurez plus de 500 personnes qui vous le diront également.

Soyons solidaires entre nous!

Pourquoi mettons-nous plus de coeur au boulot qu’à la maison?

La question se pose: pourquoi nous remettons toujours à plus tard nos tâches ménagères? Pourtant, on ne remet pas à plus tard notre présence chez notre employeur. Ah! vous le faites pour le salaire! Et votre bien être, votre bonheur d’être chez soi, il ne compte pas suffisamment pour vous? Combien d’heures passez-vous chez vous? Ne me faites pas à croire que le désordre vous va bien, c’est impossible. Un jour où l’autre, on fait LA corvée de ménage ou on engage une fée du logis (c’est bien plus joli comme expression que femme de ménage, n’est-ce pas? Merci Céline pour l’idée!). Ce n’est pas nécessaire d’avoir une maison aseptisée pour apprécier l’ordre et la propreté.

Au moment où je termine de travailler, j’ai seulement deux choses en tête: aller chercher mon garçon à la garderie parce qu’il me manque et arriver à la maison le plus tôt possible. Une maison propre est mille fois plus accueillante qu’une maison en désordre et sale. J’en sais quelque chose puisque lorsque nous avons construit, nous vivions dans la maison même si la finition intérieure n’était pas complète. Les ouvriers laissaient traîner leurs outils, les restants de matériaux, la suie, le sable, la poussière. Que de mauvais souvenirs. Ils ont carrément anéanti mon seuil de tolérance au désordre et à la pollution visuelle. Maintenant, je suis mal dans ma tête et dans mon corps quand il y a trop de désordre et j’en prends de plus en plus conscience.

Pourquoi devrions-nous mettre plus de coeur et d’efforts pour rendre notre logis propre? Parce que c’est notre refuge, notre havre de paix, notre lieu de ressourcement. Parce qu’il n’y a rien de mieux que de pouvoir s’installer où l’on veut, par terre, sur le divan, sur notre lit, sans à avoir à tasser nos bidules et machins, sans à avoir à constater combien le chat perd ses poils, à respirer la bonne odeur réconfortante de notre logis. Pour le plaisir de nos yeux. C’est tellement beau chez soi quand il est possible de savourer la décoration que nous y avons fait ou mieux, celle que nous envisageons enfin de faire.

Faire le ménage, c’est se faire un cadeau, c’est se dire merci. Vous pouvez le faire faire par quelqu’un d’autre, mais jamais vous ne pourrez apprécier autant la qualité de son travail puisque vous n’avez aucune idée de l’effort, de la minutie et du déploiement d’énergie que cette fée du logis a déployé pour vous.

Alors pourquoi mettons-nous plus d’efforts au boulot? Peut être parce que nous avons de la difficulté à se gratifier nous-même du travail bien fait… Mais ça, ça se change!

Faire le ménage avec plaisir: tout est dans l’attitude

Depuis quelques mois, je réfléchis beaucoup sur l’aspect psychologique de l’art ménager et des tâches ménagères. Je me demande souvent pourquoi pour certaines personnes, le ménage est une corvée déshonorante et pour d’autres, une activité de ressourcement?

Est-ce que le secret du ménage serait d’abord une question d’attitude?

Samedi dernier, j’ai offert à mon amie Lily de l’aider à faire un grand ménage dans son aire de vie. Elle était super contente, car elle avait besoin d’un élan pour reprendre le dessus de l’entretien ménager de sa maison. Comme plusieurs femmes professionnelles avec des enfants et un mari à temps plein, le temps lui manque pour faire le ménage. Le temps ou l’intérêt? Néanmoins, elle manifestait régulièrement le besoin de consacrer plus de temps pour rendre son intérieur plus plaisant, mettre de l’ordre dans ses affaires sans se priver de ses activités personnelles et familiales.

J’ai vécu avec elle un avant-midi de pur bonheur. Nos discussions sur le thème de la philosophie et la psychologie du ménage ont été très inspirantes pour mon travail au sein de Secrets de ménagère.

Pendant que nous frottions, nous avons pris conscience de toutes les petites choses accumulées dans nos vies et qui encombrent notre maison, parfois avec des vocations utiles, d’autres inutiles. C’est alors que Lily m’a parlé d’un reportage qu’elle a visionné sur une maladie mentale: le trouble obsessionnel de l’accumulation compulsive. Qu’est-ce que ce trouble?

"L’accumulation est caractérisée par le fait d’amasser et d’entreposer des quantités inhabituelles d’objets qui ne possèdent pas de valeur perceptible.  Pratiquement tous les objets peuvent devenir sujets à l’accumulation."

Il vous est sûrement déjà arrivé de vous dire que "peut-être un jour, j’en aurai besoin". L’accumulation ne fait pas qu’encombrer la maison, mais la rend du coup moins facile à nettoyer. Tout déplacer ses petits objets, cela prend du temps. Ce reportage a fait prendre conscience à Lily de l’encombrement qu’elle vivait elle-même chez-elle (qui soit dit en passant, n’est pas obsessionnel, mais quand même, après 10 ans à vivre dans la même maison, il y a toutes sortes de choses qui s’accumulent. Le seul avantage de déménager souvent, c’est que nous avons tendance à moins accumuler, trier davantage et se départir de ce qui nous ait pas utile.)

Parmi les éléments qui ont contribué au bonheur de Lily lors de notre avant-midi grand ménage, et du bonheur de son conjoint quand il est arrivé de faire les courses, c’était de constater l’ordre, l’ambiance épurée de la pièce, l’absence de ce que j’appelle la "pollution visuelle" , le désencombrement de leurs choses, mêmes celles qui étaient rangées dans le vaisselier. En effet, j’y ai regroupé la vaisselle par thèmes et l’ai débarassé des objets qui n’avaient pas leur place comme des boules de Noël.

Vous connaissez ce réflexe naturel de "crisser" certaines choses hors de la vue plutôt que de mettre l’effort d’aller le ranger immédiatement à sa place? Je  ne suis pas très loin de leur vérité puisque je le fais encore chez moi. Si je ne le vois pas, ça me fait pas mal – sauf que ça encombre davantage mon esprit. Si c’est un objet que j’utile régulièrement, je ne me souviens plus où je l’ai "crisser" et ça, c’est "crissant"! Ranger demande un effort, une réflexion de notre part. Quand cela est bien fait, nous en tirons un sentiment très agréable de satisfaction beaucoup plus important que vous ne pouvez l’imaginer. Il suffit d’écouter la petite voix en vous qui vous remercie. Ranger immédiatement nos choses après utilisation libère la tête et nous fait gagner du temps parce qu’on ne cherche plus, on trouve tout immédiatement. Affaire classée, terminée, le dossier est clos, fini d’y penser.

Ce jour-là, notre plus belle découverte sur la psychologie du ménage, selon moi, a été la prise de conscience de notre discours tordu de maman vis à vis l’exécution des tâches ménagères. Oui oui, tordu! La grande fille de 7 ans de Lily était à la maison, son petit frère étant parti à une fête d’enfant. Lily lui avait donné la consigne de se trouver une activité autre que les jeux vidéos, tout en lui spécifiant qu’elle n’était vraiment pas obligée de faire le ménage avec nous. Sauf que sa grande a commencé à s’ennuyer toute seule et à ne pas savoir quoi faire. Nous prêter main forte ne semblait pas être une option. "Tu as le choix de bricoler un ornement sur le cadeau pour la fête de cet après-midi ou de faire du ménage avec nous. Je sais que c’est plate faire du ménage, mais c’est ça qu’on fait ce matin". En le disant, Lily a eu un choc, moi aussi d’ailleurs, parce que j’étais loin de m’ennuyer.

Comment faire participer les enfants et surtout, leur faire apprécier le ménage bien fait si en tant que parent, on leur dit et suggère que c’est plate, que ce n’est pas une réalisation de soi? Nous les convainquons que ce n’est pas agréable avant même qu’ils aient essayé de le faire. Alors notre conversation a pris une nouvelle tournure: comment faire aimer le ménage à nos enfants, dès leur plus jeune âge, si nous avons une opinion négative de l’activité? Et si le ménage était une question d’attitude?

Mon fils aura ses trois ans dans un peu plus d’un mois. Comme je veux toujours profiter au maximum de mon temps avec lui, mais que j’ai aussi des choses à faire, je le fais participer à mes tâches ménagères s’il le désire. Il a bien le droit à son enfance lui aussi et il a encore le privilège de choisir de ne pas en faire. Heureusement, Maxime adore cette activité. Pour lui, c’est un jeu à partager avec moi. Il passe l’aspirateur, il est devenu super bon pour laver la vaisselle. Lorsque je lave les sols, il va se chercher une brosse pour frotter, parce qu’il m’a vu une fois brosser le plancher de la salle d’eau. Aussi, je suis convaincue qu’il va aimer faire la cuisine plus tard, car il veut toujours regarder ce que je fais, debout sur son petit banc. Il casse les oeufs, brasse, goûte la nourriture, rêve de pouvoir couper bientôt… Il apprend autant en m’aidant qu’en jouant avec ses jouets. Il apprend aussi à mettre des efforts, à faire de son mieux, à être persévérant et patient aussi. Des belles valeurs qui lui seront utiles plus tard.

J’ai commencé à instaurer le 45 minutes familial de tâches ménagères avec mes hommes. Cela se passe le jeudi soir après le souper. On s’occupe de faire un gros bis dans l’espace que nous habitons le plus, le rez-de-chaussée. Nettoyage des sols, de la salle d’eau, de la cuisine, rangement des petites choses qui restent et époussetage. Nous sommes prêts pour la fin de semaine qui approche! C’est dans une ambiance de plaisir que tout cela se déroule, car faire le ménage comme si c’était un jeu, à la manière de Maxime finalement, c’est plaisant. Le moment que j’apprécie le plus lors de cette activité, c’est d’admirer avec mon chum et mon fils notre ère de vie tout propre. "Oh! Wow maman! Oh! wow papa! C’est tout propre". Pour moi, c’est ça qui est magique: la satisfaction de la tâche bien faites, le sentiment précieux et important de l’accomplissement. Nous lui accordons pas assez d’importance à ce sentiment et je crois sincèrement qu’il mérite d’être honoré.

Je n’aurais jamais pensé que mon cadeau fait à Lily m’aurait amené sur la piste que le plaisir était aussi une question d’attitude. Peu importe ce que l’on fait comme activité dans la vie, c’est l’attitude que nous adoptons qui fera en sorte si elle est plaisante ou pas. Et le ménage, c’est comme l’hygiène personnelle, c’est important de le faire. Alors adoptons une attitude positive et apprécions les bienfaits du résultat que cela nous apporte, même si c’est toujours à recommencer.

Le cercle des ménagères en art (toujours ouvert aux hommes!)

Photo tirée de DecorMag

Qu'est-ce qui est attirant dans les magasines de décoration? L'ordre,la propreté, le ménage quoi!

Je suis restée sans mots depuis deux mois. Alors me revoilà devant mon clavier pour poursuivre ma mission de mettre en valeur les bienfaits du ménage sur notre Être.

Nouvellement enceinte, j’ai eu des nausées épouvantables pendant tout mon premier trimestre. Une chance que j’ai mis en place une routine de ménage structurée à la maison. Mon but est de montrer que c’est possible d’avoir une maison ordonnée et propre tout en étant une professionnelle, une maman et une amante. Et malgré ce que l’on pourrait penser, j’ai suffisamment de temps à passer avec ma famille, probablement plus qu’avant je ne prenne le ménage de mon intérieur en main.

Pendant cette période, vu que j’avais toujours la mine basse et la batterie déchargée en tout temps, je passais plus de temps dans mon lit à dormir qu’à faire mes tâches professionnelles, personnelles, ménagères ou simplement de maman. Je suis tellement fière de vous dire que ma maison n’était pas, elle, dans un état aussi lamentable que moi. Et ce n’est pas parce que Carl en faisait nécessairement beaucoup plus, mais plutôt que tout le monde participait à s’assurer que tout soit rangé au fur et à mesure. Ma maison n’était pas propre comme un sous neuf à la hauteur de mes attentes, mais quand j’arrivais, je n’étais pas déprimée en constatant son état.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ce qui est le plus difficile quand j’arrive de travailler, c’est le regard que je porte sur l’état de mon foyer. Depuis que j’ai atteint la trentaine, je suis dans un tournant de ma vie où je me questionne, où je fais une grande démarche personnelle et spirituelle dans la quête de devenir une meilleure personne. Et je remarque que plus je nettoie mon coeur et mon esprit, plus l’intérieur de notre maison devient épuré, organisé, structuré, ordonné, sans flafla ni cossin gardés pour je ne sais quelle raison. Si j’en ai pas besoin, si cela n’a pas été utilisé dans les deux dernières années, vite au recyclage ou en don à organisme -si j’estime que cela pourrait être utile à quelqu’un d’autre.

À ce propos, je voudrais juste faire une petite parenthèse à ce sujet. Il faut faire attention lorsqu’on donne nos choses à des organismes de bienfaisances pour éviter que ce ne soit pas ce que j’appelle "de la cochonnerie", mais bien quelque chose qui a de forte chance d’être utile à quelqu’un d’autre. Il faut savoir jeter quand cela est nécessaire et non se débarasser. J’ai une personne dans mon entourage qui agit ainsi, mais avec mon conjoint et moi. La dernière fois, nous avons dû prendre toutes les choses données pour aller nous-mêmes les mettre dans le conteneur à déchets . J’ai vraiment encore mieux compris le sens du mot "donner" après ces quelques incidents.

Pendant ce premier trimestre de grossesse, mon moral était bien meilleur juste grâce à mon ménage, le mal aimé de notre société. Une tâche mal aimée, mais qui ne rend personne indifférent. Sur la page Facebook de Secrets de ménagère, j’ai récemment voulu vérifier si j’étais la seule à vivre un sentiment étrange de regret, d’agacement ou tout simplement de tristesse quand mon foyer ressemble à un bordel. J’ai peine à m’imaginer que je suis la seule à ressentir ses sentiments un peu mélangés. C’est évident que l’on pense régler bien des maux en engageant de l’aide domestique, mais il y a le reste de la semaine. Constater que le bordel est de retour deux jours après sa venue, c’est aussi déprimant.

Je suis contente que des personnes me confient ne pas apprécier le désordre de leur maison. À l’époque de vie trépidante dans laquelle nous vivons et surtout avec les valeurs beaucoup centrés sur le MOI, prendre soin de Moi, penser à Moi, je comprends très bien que faire le ménage chez soi ne soit pas une priorité de la grande majorité des gens, mais je ne peux me résoudre à croire que cette majorité soit indifférente aux effets négatifs que le désordre et la malpropreté ont sur la santé mentale.

Par chance, j’ai mon petit cercle de filles (ben oui, j’ai pas d’homme qui ce sont manifestés officiellement, mais le cercle est ouvert aux hommes aussi!) qui se disent ménagères, comme moi. Des professionnelles pour qui le ménage est une activité personnelle, intime, que personne d’autre ne peut faire mieux qu’elles. Mais surtout, d’entendre ces femmes me dirent qu’elles aiment faire le ménage de leur maison, que c’est une détente, cela me donne de l’espoir que mon projet de vie, Secrets de ménagère, n’est pas une illusion, une utopie ou encore une entreprise sans importance, mais bien une entreprise à connaître, à découvrir, pour tout ceux et celles qui ont envie de faire une démarche personnelle et spirituelle dans leur quotidien.

À toutes les personnes qui se joingnent à mon cercle de ménagères en art, faites-vous connaître sur nos différentes plate-formes sociales! Au plaisir de vous compter nombreuses et nombreux!

Le Secret du lavage bien fait avec une machine à chargement frontale: lire le manuel d’instructions!

C’est fou comment on devient folle quand nous recevons un électro domestique qu’on rêvait d’avoir! Je sais que je ne suis pas la seule, les télé-réalité d’auto-construction l’ont prouvées à plusieurs reprises.

Le camion arrive, il stationne dans l’entrée, la frénésie se fait sentir dans la maison, mon coeur débat, j’ai un large sourire. Le livreur dépose l’énorme boîte dans la salle de lavage, je sautille presque de joie, comme une enfant à Noël qui a reçu le plus gros cadeau du Père Noël! Oui, aujourd’hui, c’est Noël parce que maman a reçu sa machine à chargement frontale qui lave et qui sèche le linge!

Tellement excitée, je somme mon chum de l’installer tout de suite, je ne suis pas capable d’attendre. Pendant qu’il l’installe tout, moi, je fais des piles de linge accumulées depuis 1 semaine parce que l’autre machine a rendu l’âme. Que le Dieu des machines à laver ait son âme, moi, elle m’a damnée pendant toute son existence (je suis tombée sur un citron, une chance que j’avais une garantie prolongée!). Il a fini de l’installer, je ne me peux plus d’attendre… Carl, mon chum raisonnable, me fait remarquer que les boutons et fonctions sont nouvelles et que je devrais lire le manuel d’instructions. "Casseux de party! Voyons donc, je sais comment ça marche." Je farfouille les boutons. Je mets en place le linge, le détergent et j’appuie sur le "Play"  pour démarrer la brassée.

J’aurais dû lire le manuel avant de faire cette première brassée. Le manuel disait qu’il y aurait des odeurs de caoutchouc. Oui, mon linge sentait l’usine quand il est ressorti propre et sec! Aussi, je me suis tout de suite mise à la tâche, car je veux que ma machine me dure longtemps. L’entretien mensuel à faire, les codes d’erreurs, les compartiments, les différents cycles, etc.

Lire le manuel d’instruction avec les machines frontales est pour moi essentiel, car en 5 ans, leur technologie ont beaucoup évolué avec les habitudes des gens. En effet, le cycle "Sanitary" a été formulé pour le lavage des couches souillées, des vêtements de travail et sous-vêtements tachés. Les fabricants de couches de coton ne recommandent pas ce cycle, parce qu’ils ne l’ont pas essayé. "C’est trop chaud", je me suis fait dire par une vendeuse dans une boutique spécialisée. Sincèrement, je n’ai pas remarqué que c’était plus chaud que l’eau chaude de mon robinet. Et en plus, mes couches sont devenues propres et sans odeur. Ça pour moi, ça n’a pas de prix!

Aussi, j’ai lavé ma couette de laine cet été dans la machine. Au printemps, je l’avais fait en utilisant le cycle à propos "Wool" et tout c’était bien passé. Sauf que la deuxième fois que je l’ai lavé dans la même machine, je trouvais qu’elle culbutait pas assez "tiens, je vais la mettre au cycle délicat, elle va être plus propre!" Non seulement elle était propre, mais elle est sortie feutrée et raptissée aussi! Voila deux bels exemples que les fabricants de machine à chargement frontal ont tout intérêt à écouter les besoins de la clientèle.

Morale de l’histoire et Secret du mois: la prochaine fois que vous achèterai un nouvel électro, n’oubliez pas de lire le livre d’instructions. C’est fou toutes les fonctions que ces machines ont! Elles font presque le café!

Le faire ou ne pas le faire: l’esclavage mental du ménage.

Vous arrive-t-il de remettre quelque chose à plus tard? Moi, cela m’arrive régulièrement. Autant dans mon travail que dans ma vie personnelle. Qu’est-ce que cela m’apporte dans ma vie? Rien d’autre que de la pollution visuelle ou de la pollution intellectuelle. Je m’explique.

Voici un exemple. Je m’installe devant la télévision et je prends un verre d’eau. Au moment où je me lève, je le laisse sur la table de salon plutôt que de le mettre au lave-vaisselle. "Je le ferai plus tard!" Plus tard quand? Quand je ferai le ménage? Mais toutes ces petites choses que je laisse à la traîne et  que je ferai plus tard finissent par habiller ma maison dans un désordre, à devenir plus d’information à décoder pour mes yeux, à surcharger mon cerveau (qui est bien assez stimulé après une journée de travail) et finalement, j’ai plus de pas à faire quand je me lance dans un élan de ménage général de mon espace de vie! Je ne gagne absolument rien, seulement des tracas, de la frustration parce que ce n’est pas propre et de l’insatisfaction face à moi-même.

Maxime range ses "autos" comme papa et maman, côte à côte"J’aurais du ben du don du m’ ranger au fur à mesuure".

Mais, ça me tente pas! Parce que j’ai pas été dehors de la semaine, parce que je trouve que je passe pas assez de temps avec mon petit Maxou, parce que j’ai pas pris du temps pour moi, parce que j’ai pas eu une minute pour relaxer de la semaine, parce qu’on a juste deux jours de congé par semaine, parce que la vie est trop courte pour faire la corvée du ménage, parce que… parce que… les raisons sont infinies, toutes justifiables. Je ne sais pas pour vous, mais moi, ma tête n’arrête pas de penser à ce que je devrais faire et ce que j’aurai dû faire. Mais cet été, j’en ai eu vraiment marre de ces raisons bidons Sans compter que Esther est toujours sur mon dos pour me rappeler ce que je devrais faire.

Et si j’étais prise dans un cercle vicieux? Si j’étais devenue esclave de mon inaction face au ménage, esclave du ménage non fait et du mental qui me le rappelle? Comment m’en sortir? En le faisant, tout simplement, sans me poser de question. Comme quand je me lève le matin et que je vais faire pipi. C’est ainsi pour plusieurs activités dans ma journée que je ne remets jamais en question.

Sans prétention et dans une routine en progression, je fais automatiquement 15-20 minutes de ménage tous les jours, parfois le matin et le soir. Je me sens tellement mieux. La maison est rangée en tout temps, il n’y a plus de linge porté "rangé" sur une chaise plutôt que dans les tiroirs ou laissé dans la chute à linge, les salles de bains n’ont jamais été aussi propres et le vestibule d’entrée est accueillant sans sable par terre ni soulier qui bloque la porte. Je sais qu’il me reste beaucoup à faire pour m’améliorer, mais juste de ne plus être esclave du ménage vient de me faire gagner du temps, de l’énergie, de la fierté et la paix de mon mental.

Dominique Loreau écrit dans son livre:

"La gestion du temps, l’importance accordée au ménage, au repos, au travail de l’intellect sont les fondements d’une vie équilibrée et sereine. Que la routine du ménage soit quotidienne, épisodique ou ponctuelle et intense, elle mérite une prise de conscience: c’est tout simplement la qualité de notre vie qui en dépend."

Je crois que c’est cette prise de conscience qui m’habite plus que jamais et qui améliore ma vie, de jour en jour.

Les routines qui sécurisent

Quel début de défi complètement en feu! Après l’introduction de mon fils dans une 3e nouvelle garderie cette année, un mariage à Beauport, la visite de mes parents et de ma chère belle-mère Esther, j’ai malgré tout réussi à mettre en place quelques bases importantes de l’art ménager. Heureusement, j’ai la précieuse collaboration de mon conjoint, Carl, et de mon fils, Maxime (ou Maxou pour les intimes). Les quelques petits changements ont même été remarqués par mes parents, mais surtout par Esther (j’utiliserai son prénom pour alléger le texte, car je lui voue beaucoup de respect), une vraie experte en art ménager, une formidable ménagère du 21e siècle, je pousse même à dire une source d’inspiration.

Il est important que je souligne qu’en même temps que j’installe mon "art ménager" à la maison, inspiré de mes lectures de Dominique Loreau, de Esther, j’instaure une nouvelle façon de faire la discipline avec le livre de Brigitte Racine "La discipline, un jeu d’enfant". Ce livre m’aide à me sentir moins incompétente devant les crises et la non coopération de Maxou qui marche sur ses 2 ans et demi, mais aussi à apprendre à me discipliner moi-même. Quel est le lien avec l’art ménager, me direz-vous? Les petites routines!

Les routines rythment notre vie à celui du jour et de la nuit, au cycle de la semaine, des mois, des saisons. Les routines sont sécurisantes autant pour l’enfant, car il sait ce qu’il arrivera après avoir pris son bain et s’être brossé les dents, que pour l’adulte, parce que nous savons combien de temps il nous reste pour vaquer à nos occupations ou encore, pour profiter du temps pris d’avance pour se détendre.

Depuis que j’ai commencé mon défi, ce sont les petites routines que je mets en place qui me rassurent et me font voir comment je gagne du temps tous les jours en les respectant. C’est le même constat que Carl à fait. Nous avons fait un horaire pour la routine du  matin et du soir pour Maxou, incluant ce que Brigitte Racine appelle les 20 minutes d’exclusivité. Nous n’avons jamais passé autant de temps de qualité avec notre fils et lui, coopère tellement davantage. Dans notre routine, nous rangeons davantage les choses au fur et à mesure pour que rien ne traine dans la maison. Ça calme le mental, c’est étonnant! Et en plus, il y a moins de ménage à faire. Maxou m’aide même à faire son lit et le nôtre. Je ne sais comment expliquer le sentiment, mais c’est donc plaisant que de se coucher dans un lit qui a été fait…

Depuis le 1er septembre, nos téléviseurs ne captent plus les stations. Nous avons fait le choix d’essayer de vivre sans télévision. Nous avons tellement plus de temps! Pour le moment, nous utilisons ce temps d’extra pour travailler le soir, ce qui n’est pas nécessairement bon (deux travailleurs autonomes qui bossent l’un devant l’autre ou côté à côte devant un ordinateur, je trouve cela pathétique!) Cette semaine, nous allons nous asseoir ensemble pour faire de nouvelles routines qui inclurons davantage l’art ménager.

Dominique Loreau écrit:

"Même les personnes les plus récalcitrantes aux routines peuvent les adopter et les adapter à leur personnalité à partir du moment où elles en comprennent les bienfaits."

Je faisais partie de ces personnes récalcitrantes aux routines jusqu’à ce que Maxou approche son un an. J’étais mal organisée, j’oubliais tout, je courrais tout le temps et j’en avais marre. J’ai commencé à faire un horaire et me faire une petite routine. Aussi, je savais que plus j’allais rythmer la vie de Maxou, mieux il s’en porterait, car c’est le besoin de sécurité chez l’enfant qui est comblé.

Finalement, c’est vraiment pas facile d’introduire des routines dans notre vie, car cela demande du temps et de la réflexion. Il paraît qu’il faut 24 jours pour qu’une routine devienne un automatisme. D’ici un mois, je vous dirai si cette routine fait partie de notre vie…

Au fait, est-ce que le dimanche matin deviendra ma routine pour écrire mon article hebdo?

Le ménage chez soi et en soi

Jusqu’à ce que je rencontre l’amour de ma vie, le ménage n’était pas une partie de plaisir. Plus encore, le samedi matin avait un arrière goût de mon enfance où le ménage se faisait dans le stress et une ambiance désagréable. Bref, je n’ai pas de bons souvenirs du ménage le samedi matin. Je me rappelle que je ne rangeais pas ma chambre, que je ne faisais pas mon lit tous les jours, bref, je n’avais pas de routine qui est essentielle dans notre vie.

Je vous ai déjà dit que Secrets de ménagère est née dans ma tête pendant que j’étais en congé de maladie. Un épuisement professionnel, trop travaillé, j’ai brûlé les deux bouts de ma chandelle. J’avais vraiment la mèche courte et une mauvaise mine! Ce qui m’a le plus aidé à guérir? Nettoyer de fond en comble ma maison. J’ai tout nettoyé pendant un mois, tout rangé, tout organisé, frotté les fonds de tiroirs, de garde-robe et de placards. Et savez-vous quoi? Plus je nettoyais ma maison, plus je faisais du ménage dans ma tête pour trouver ce qui pouvait m’avoir poussé à une fatigue aussi extrême. C’est quand même le ménage chez moi et en moi qui m’a guéri. Et c’est grâce à cet incident que j’ai eu l’idée de créer Secrets de ménagère.

Cette année, nous célébrons les 5 ans de la boutique. Après toutes ces années partagées avec notre fidèle clientèle, je me rends compte que trop de personnes n’aiment pas faire du ménage, que c’est une corvée, que c’est une tâche ingrate qui devrait être déléguée à une personne qui fait de l’entretien ménager comme emploi.

Je crois que nous pouvons trouver une source de plaisir à rendre son foyer propre et bien rangée, du plaisir à faire briller le lieu où nous vivons. Si l’art ménager n’était pas si important dans la vie, il n’y aurait pas autant de revues et magasines de décoration et de design sur le marché qui nous montre des maisons bien décorées mais surtout, d’une propreté qu’on pourrait manger sur le plancher!

Je réalise que nous manquons tous de routine dans nos vies qui inclus l’art ménager. Et je dis ART MÉNAGER car cela en est tout un. Quand Dominique Loreau a publié son livre "Faire le ménage chez soi, faire le ménage en soi,"  j’étais la plus heureuse du monde: elle avait écrit tout ce que je ressentais, mais que j’avais du mal à expliquer et surtout, à mettre en pratique dans ma vie quotidienne.

J’ai donc décidé de mettre en pratique toutes ses idées et ses méthodes pendant la prochaine année afin de dévoiler à la clientèle de Secrets de ménagère que le plaisir est possible dans l’art ménager. Mais surtout que si, en tant que maman entrepreneur d’un garçon de deux ans et conjointe d’un homme merveilleux en fauteuil roulant, je peux arriver à tenir ma maison de 2400 pieds carré propre tous les jours sans aide externe, tout le monde peut y arriver. Je relève le défi et je vous partagerai toutes les semaines autant mes réussites que mes échecs avec autant de passion que vous me connaissez. J’espère que mes récit donneront le goût de parler entre nous d’Art ménager!

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.